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 Plainte contre SUD chez SFR : quand le “socialisme autogestionnaire” reprend sens grâce au patronat

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L'Horticulteur
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Masculin Nombre de messages : 238
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MessageSujet: Plainte contre SUD chez SFR : quand le “socialisme autogestionnaire” reprend sens grâce au patronat   Lun 7 Déc - 7:41

Citation :

Plainte contre SUD chez SFR : quand le “socialisme
autogestionnaire” reprend sens grâce au patronat sarkozyste.






“La loi d’août 2008 sur la représentativité syndicale
est en train de
donner lieu à un déchaînement créatif de la part des avocats patronaux.”
Au delà de la police de la pensée, c’est une véritable dictature
qui s’installe.






(texte intégral de Pierre Khalfa dans la
revue “Mouvement”).



La République et le syndicalisme


Par Pierre Khalfa

La direction de SFR a décidé d’attaquer le syndicat
SUD au tribunal. En s’appuyant sur la loi sur la représentativité
syndicale, SFR estime que SUD ne “respecte pas les valeurs
républicaines”, au motif que ses statuts prônent “le socialisme
auto-gestionnaire”. Réaction de Pierre Khalfa.




La loi d’août 2008 sur la représentativité syndicale
est en train de donner lieu à un déchaînement créatif de la part des
avocats patronaux. Ainsi, l’opérateur des télécommunications SFR a
contesté la représentativité du syndicat SUD au motif que les statuts
de la fédération SUD-PTT, à laquelle est affilié ce syndicat, se
réfèrent au « socialisme autogestionnaire ». Cette référence est jugée
par SFR contraire au droit de propriété et à la liberté d’entreprendre,
et donc contraire au « respect des valeurs républicaines », notion
introduite dans la loi de 2008.

Remarquons d’abord que cette attaque permet de
contester aussi l’existence de confédérations syndicales comme la CGT
qui prône la fin de « l’exploitation capitaliste », comme FO qui se
prononce pour la disparition du « salariat et du patronat » ou même
comme la CFDT qui « combat toutes les formes de capitalisme »… dans ses
statuts. Ainsi, si jamais ce jugement était négatif pour SUD, ce serait
une épée de Damoclès qui serait suspendue au-dessus de la tête des
confédérations dont, ironie de l’histoire, certaines, (la CGT et la
CFDT) ont été signataires de l’accord avec le patronat qui est à
l’origine de la loi actuelle.

Mais cette accusation est surtout une remise en cause
de la liberté d’opinion. Ce qui est attaqué ce ne sont pas des
pratiques syndicales qui seraient considérées comme illégales par
l’entreprise, mais simplement le fait de croire qu’une société
débarrassée de l’exploitation capitaliste est souhaitable. La direction
de SFR s’autorise donc à dicter à l’organisation syndicale ce qui lui
est interdit de penser. Paradoxalement, SFR, à sa manière, confirme
qu’il y a un lien indissociable entre la défense des intérêts des
salariés au jour le jour et un projet de transformation sociale. C’est
parce que SUD se situe dans une perspective de dépassement du
capitalisme que ce syndicat peut défendre de façon intransigeante les
droits des salariés et qu’il est à ce point insupportable aux
directions d’entreprises. A contrario, considérer que le capitalisme
est l’horizon indépassable de notre temps entraîne nécessairement à
sacrifier les droits des salariés sur l’autel de la compétitivité de
l’entreprise prise dans l’engrenage inévitable de la compétition
économique.

L’accusation de non respect des valeurs républicaines
est avant tout une tentative pour essayer d’éviter la présence d’un
syndicat gênant dans l’entreprise. On peut néanmoins la prendre au
sérieux et voir à quelle idée de la République elle correspond. Car
syndicalisme et République n’ont pas toujours fait bon ménage, non
seulement dans les faits, les gouvernements de la République ayant été,
et demeurant, marqués, par l’antisyndicalisme, mais aussi dans la
conception sous-jacente à ces pratiques. La Révolution française
s’appuyait sur une conception particulière de la Nation. Entre les
citoyens et leurs représentants, censés être porteurs de l’intérêt
général, rien ne devait exister. Ainsi le préambule de la loi Le
Chapelier de 1791, qui interdit « les coalitions », affirme qu’il
« n’est permis à personne d’inspirer aux citoyens un intérêt
intermédiaire, de les séparer de la chose publique par un esprit de
coopération ».

Ainsi, de la même façon que la main invisible du marché
est censée faire en sorte que les actions individuelles aboutissent au
bien commun, l’addition des bulletins de vote individuels des citoyens
pour leurs représentants suffit à créer « la chose publique ».
L’organisation syndicale est conçue comme un corps intermédiaire
faisant obstacle à la formation de l’intérêt général. D’emblée, le
syndicalisme a été considéré comme étranger à la nation et, c’est au
nom de cette conception, que son existence a été déniée pendant près
d’un siècle. Cette conception correspondait certes aux intérêts bien
compris de la bourgeoisie naissante pour s’opposer aux revendications
ouvrières, la loi Le Chapelier faisant suite d’ailleurs à de forts
mouvements revendicatifs. Elle illustre cependant les ambiguïtés d’une
République qui dès sa naissance a dû affronter deux peurs : peur de la
réaction aristocratique, mais aussi peur d’un prolétariat où les idées
« collectivistes » faisaient progressivement leur chemin.

Si pour combattre les nostalgiques de l’Ancien Régime,
et face aux mobilisations populaires, la bourgeoisie a finalement admis
le suffrage universel (masculin) permettant l’intégration politique de
la classe ouvrière dans la République, cette dernière a été socialement
retardataire par rapport aux pays capitalistes développés de l’époque
comme l’Allemagne ou la Grande-Bretagne. Le fait syndical n’a jamais
totalement été admis par le patronat français. Rappelons qu’il a fallu
attendre la grève générale de mai 1968 pour que ce dernier admette le
droit des syndicats à être présent dans les entreprises. Face à un
patronat de droit divin, la République n’a jamais levé les ambiguïtés
de sa naissance, prise entre la défense du droit de propriété et la
liberté d’entreprendre d’un côté et la volonté populaire d’instaurer
« la sociale » de l’autre. L’intérêt du procès contre SUD-SFR est de
nous rappeler que cette alternative est toujours d’actualité et fait
partie du débat syndical actuel.

Publié par Mouvements, le 2 décembre 2009.
http://www.mouvements.info/La-republique-et-le-syndicalisme.html


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Lacuzon
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MessageSujet: Re: Plainte contre SUD chez SFR : quand le “socialisme autogestionnaire” reprend sens grâce au patronat   Lun 7 Déc - 8:52

Interdire SUD¿ Ben voyons...Dans ce cas,pourquoi ne pas interdire tous les syndicats pour "atteinte a la liberté d'entreprendre"¿ Et pourquoi ne pas interdire le suicide au travail,qui démoralise les Français,en mettant un CRS sur le dos de chaque travailleur pour l'empêcher de mourir¿ Et les manifestations¿Rappelez-vous, Sarkozy avait dit un jour "la rue ne me fera pas plier,parce qu'on est dans une démocratie" Les manifestations sont donc anti-démocratiques!Qu'on les interdise!!!

Décidément,on a pas fini de rire (ou de pleurer¿) avec ce gouvernement...
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Raphaël
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MessageSujet: Re: Plainte contre SUD chez SFR : quand le “socialisme autogestionnaire” reprend sens grâce au patronat   Lun 7 Déc - 15:42

merci à eux xD !
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MessageSujet: Re: Plainte contre SUD chez SFR : quand le “socialisme autogestionnaire” reprend sens grâce au patronat   Lun 7 Déc - 18:54

pff n'importe quoi SFR ... ils ont pas d'autre choses à foutre...
capitaliste de merde !!
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MessageSujet: Re: Plainte contre SUD chez SFR : quand le “socialisme autogestionnaire” reprend sens grâce au patronat   

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