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 Pétition des membres du jury de l'agrégation de lettres modernes

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neo
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MessageSujet: Pétition des membres du jury de l'agrégation de lettres modernes   Sam 12 Juin - 19:52

http://www.petitionenligne.fr/petition/-agir-en-fonctionnaire-de-letat-et-de-facon-ethique-et-responsable-/80/

« Agir en fonctionnaire de l'État et de façon éthique et responsable »

PÉTITION DEPOSEE PAR LES JURYS DE L'AGRÉGATION EXTERNE DE LETTRES MODERNES


Le BO le 6 janvier 2010 stipule que les candidats à l'Agrégation, concours de recrutement des enseignants du secondaire, devront présenter, dès la session 2011, une nouvelle épreuve orale d'admission, étonnamment greffée sur la traditionnelle épreuve d'explication de texte, et censée vérifier la « compétence Agir en fonctionnaire de l'État et de façon éthique et responsable ».

Il s'agit, en dix minutes, d'entendre les candidats moins sur leur connaissance du système éducatif que sur leurs réactions morales à l'égard de situations particulières liées à la vie scolaire. En voulant juger ainsi de la valeur éthique et du sens des responsabilités d'un fonctionnaire de l'État, on prétend remplacer une année entière de stage et de confrontation aux réalités complexes de la vie des établissements, supprimée dès la rentrée prochaine, par une épreuve de morale républicaine.

Outre que cette « compétence », telle qu'elle est définie par l'intitulé de l'épreuve, est proprement impossible à évaluer sur des critères objectifs, cette nouvelle épreuve, tout éthique et responsable qu'elle se prétende, heurte les valeurs républicaines et la déontologie de ce concours.

Tout d'abord parce que demander à un candidat à l'agrégation de se prononcer sur le plan juridique, technique, médical et psychiatrique à propos d'un événement scolaire (maltraitance, drogue, violence), c'est s'écarter considérablement des missions scientifiques de ce concours, par lesquelles les vertus intellectuelles du candidat, en science et en conscience, sont déjà très attentivement évaluées. L'épreuve de l'explication de texte s'en trouve parasitée et amputée.

En second lieu parce que le candidat à l'agrégation ne peut être jugé sur des réactions hypothétiques à des situations imaginaires, alors que les situations concrètes ne peuvent s'appréhender que sur le terrain, dans le cadre d'un établissement, où l'ensemble des acteurs est amené, en cas de problème ou de crise, à intervenir. C'est méconnaître manifestement la réalité des établissements du secondaire que d'estimer la pertinence d'une réaction face à un problème à l'aune humainement variable d'un seul enseignant.

Les signataires de ce texte, tous membres du jury de l'agrégation externe de Lettres modernes, ayant considéré les annales préparatoires de la nouvelle épreuve « Agir en fonctionnaire de l'État et de façon éthique et responsable », ayant par ailleurs constaté ensemble que cette épreuve était par sa nature, sa forme et ses intentions, contraire aux valeurs de ce concours, en réclament la suppression définitive et, à tout le moins, son déplacement vers la période probatoire qui suit l'obtention du concours.

Paris, le 1er juin 2010


Signataires :

* Olivier BARBARANT (Jury de composition française)
* Christine AGUILAR-ADAN (Jury de version espagnole)
* Elisabeth CHARBONNIER (Jury de composition française)
* Olivier DECROIX (Jury de composition française)
* Marie-Françoise DELECROIX (Jury de composition française)
* Guy DEVAUFLEURY (Jury de version latine)
* Sébastien DOUCHET (Jury de composition française)
* Alexandre DUQUAIRE (Jury de composition française)
* Anne DUPRAT (Jury de littérature comparée)
* Isabelle GARNIER-MATHEZ (Jury de composition française)
* Florence GODEAU (Jury de littérature comparée)
* Alain GÉNETIOT (Jury de de composition française)
* Emmanuel GODO (Jury de composition française)
* Danièle JAMES-RAOUL (Jury d'ancien français)
* Romain LANCREY-JAVAL (Jury de composition française)
* Rainer LANSELLE (Jury de version chinoise)
* Valérie LAVOIX (Jury de version chinoise)
* Claudine LEBLANC (Jury de littérature comparée)
* Anne MAUREL (Jury de version latine)
* Sophie MILCENT-LAWSON (Jury de français moderne)
* Pierre MISCEVIC (Jury de composition française)
* Cécile NARJOUX (Jury de français moderne)
* Danielle PERROT-CORPET (Jury de littérature comparée)
* Henri SCEPI (Jury de composition française)
* Zoé SCHWEITZER (Jury de littérature comparée)
* Charles-Olivier STIKER-METRAL (Jury de composition française)
* Anne TEULADE (Jury de littérature comparée)
* Géraldine VEYSSEYRE (Jury de grammaire médiévale)
* Luc VIGIER (Jury de composition française)
* Jean VIGNES (Jury de composition française)
* Georges ZARAGOZA (Président du jury de l'Agrégation externe de Lettres modernes)
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neo
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MessageSujet: Re: Pétition des membres du jury de l'agrégation de lettres modernes   Dim 20 Juin - 14:37

Après la pétition du jury d'agrég de lettres, des menaces de démission de la moitié des membres du jury d'agrégation de philosophie...

16.06.10 Libération

Tribune «L’application servile de règles»


Membres du jury de l’agrégation externe de philosophie, nous n’accepterions pas d’être reconduits dans cette fonction si n’était pas supprimée la nouvelle épreuve, intitulée «Agir en fonctionnaire de l’État et de façon éthique et responsable», introduite par arrêté ministériel pour la session 2011 dans les Capes et les agrégations de toutes les disciplines. Nous en dénonçons le principe et refusons catégoriquement de la faire passer. Elle tend à réduire l’éthique à l’application mécanique et servile de règles apprises. Elle dénature l’esprit des concours de recrutement des fonctionnaires. Ce faisant, elle porte atteinte à la conception républicaine du service public.



Il s’agit d’une épreuve orale susceptible de recevoir une note éliminatoire, que pourraient faire passer des membres du jury «aux compétences particulières», nommés à cette fin par le ministère, et non par le président du jury. Selon les exemples de sujets publiés sur le site du ministère, les candidats seront interrogés sur des situations pratiques de la vie scolaire et devront se prononcer sur le comportement correct à adopter. Dans certains cas, il s’agit simplement de connaître les lois et les règlements, le fonctionnement de l’institution : cela n’a rien de choquant. Mais, de quelque façon qu’on la prenne, cette épreuve ne se réduira pas à la vérification de telles connaissances factuelles. L’intitulé de l’épreuve, qui contient explicitement la notion d’«éthique», les exemples de sujets donnés par le ministère ainsi que les «compétences» qui, selon le texte d’un autre arrêté, doivent être évaluées à l’occasion de cette épreuve : tout montre qu’il s’agira bien, dans de très nombreux cas, de juger des valeurs et des dispositions morales des candidats, voire de leurs convictions politiques. Un sujet porte ainsi sur la discipline : jusqu’à quel point un enseignant aura-t-il le droit d’exiger celle-ci, quels moyens pourra-t-il employer ? D’autres sujets invitent à s’interroger sur les tâches complémentaires (outre l’enseignement) qu’il devra assumer, sur le degré de courage et de dévouement dont il devra faire preuve pour affronter la souffrance et la violence sociales qui minent l’institution scolaire. A quelle utilité sociale, pourra-t-on encore lui demander, est soumise cette institution : doit-elle former des individus adaptés au monde socio-économique, adhérant avec confiance aux institutions existantes, ou doit-elle en priorité cultiver la pensée critique, l’esprit de libre examen et de doute, fût-il corrosif ? Un dernier exemple : comment arbitrer, ayant en vue la réussite des élèves, entre le devoir d’appliquer les programmes, réformes, circulaires, projets d’établissements… et l’exercice de l’indépendance intellectuelle et pédagogique ?

De deux choses l’une. Ou bien ces questions importantes, qui donnent lieu à controverses et peuvent mobiliser des arguments solides en faveur de thèses opposées, sont réellement posées au candidat, comme des questions : un tel questionnement a-t-il sa place dans le cadre d’un concours ? Certes, chaque enseignant devra les affronter dans l’exercice de son métier. Mais précisément, pour qu’elles ne donnent pas lieu à de simples exercices rhétoriques portant sur des situations désincarnées, la réponse qu’elles appellent exige une immersion réelle et durable dans le milieu professionnel (faut-il le rappeler ? Le contexte de cette nouvelle épreuve est celui de la suppression de l’année de stage pratique qui suivait la réussite au concours). Et plus fondamentalement, il s’agit de décisions personnelles et intimes, qui relèvent d’un examen de conscience. En effet, la seule modalité légitime d’un «examen éthique» est la décision en conscience, qui prend appui sur une expérience et une démarche personnelles. Or devant la conscience s’arrête tout pouvoir qu’un individu prétend exercer sur un autre. Ce serait une prétention absolument exorbitante, de la part des examinateurs, que de se prévaloir de leur position pour juger les réponses du candidat ; donc de décider de son avenir professionnel en se fondant sur leurs propres convictions personnelles - à supposer qu’ils soient d’accord entre eux ! Ou bien, autre hypothèse, tout aussi inacceptable : ces questions n’ont pas vocation à être posées comme de véritables questions.



Un indice est sur ce point révélateur. Le ministère a indiqué dans des textes officiels, avec les suggestions de sujets (dits «sujets zéro»), les «pistes de réponses attendues». Ainsi, pour ces questions, il existerait des réponses correctes. Si tel est l’esprit de l’épreuve, il ne sera certes pas techniquement impossible de la faire passer. Mais elle sera tout à la fois indigne et désastreuse dans ses effets. Le candidat sera soumis à l’obligation de fournir la réponse éthiquement correcte. Soit il reconnaîtra un sujet publié par le ministère : il aura donc la chance de connaître par avance la «bonne réponse», la réponse institutionnelle. Soit il tentera de tirer celle-ci des généralités d’une doctrine apprise. Soit enfin il cherchera à deviner la réponse qu’attend le jury. Dans tous les cas, loin que le candidat soit incité à faire la preuve de son discernement et de son libre jugement, l’enjeu immédiat du concours le contraindra à donner une réponse convenue et hypocrite.



Cet oral deviendra ainsi un véritable jeu de dupes. Si l’on voulait ruiner le sens même de l’exigence éthique, on ne s’y prendrait pas autrement. Des associations de professeurs, des sociétés savantes, des départements universitaires, des jurys d’autres disciplines, des syndicats ont déjà exprimé avec force leur opposition à cette épreuve. Une pétition exigeant son retrait [lire ci-dessous] a en quelques semaines recueilli plus de 5 300 signatures. Le ministre, pour l’instant, est resté sourd à ces appels. Nous prendrons nos responsabilités en nous démettant s’il nous est demandé d’agir contre des principes sur lesquels nous ne pouvons pas transiger.


Signataires : Blaise Bachofen, Jean-François Balaudé, Joël Biard, Anissa Castel-Bouchouchi, Jacques Darriulat, Christian Dubois, Vanessa Nurock, Antoine Grandjean, Jean-François Lavigne, Éléonore Le Jallé, Marie-Frédérique Pellegrin, Sylvie Robin, Alexandra Roux, Gérald Sfez, Olivier Tinland.
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MessageSujet: Re: Pétition des membres du jury de l'agrégation de lettres modernes   Dim 20 Juin - 16:02

En voilà un peu de courage =) ! Ils doivent tous démissionner !
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MessageSujet: Re: Pétition des membres du jury de l'agrégation de lettres modernes   

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