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 Le lycée à 2 vitesses existe déjà

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MessageSujet: Le lycée à 2 vitesses existe déjà   Ven 19 Juin - 20:47

Nous le réclamons, nous le défendons : le diplôme du bac doit rester national pour qu'il ait la même valeur partout. Oui mais..., il existe plusieurs types de bac. Vous connaissez les sections étrangères ? Ces classes permettent aux parents les plus mobilisés dans l'éducation de leurs enfants (et donc les plus aisés), de se distinguer dans la course à l'élitisme.

Citation :
Autonomie

« Je fais confiance aux enseignants », dit le ministre.
J’ai eu une moue dubitative qui se voulait intelligente. Confiance aux enseignants ? Alors que depuis trente ans, tant d’idéologues fous, s’appuyant sur des statistiques manipulées, ont transformé l’Ecole de la République en champ d’expérimentation des pédagogies les plus folles — et les plus destructrices… Tout cela au nom d’un « égalitarisme » qui a creusé plus d’inégalités que jamais l’élitisme républicain n’en forgea jamais…

C’est à peu près ce que je lui ai répondu. Il a secoué les épaules — qu’il a solides.

- Aucun n’enseignant n’est jamais entré en classe en se disant u’il allait baisser sciemment le niveau. Même le pédagogue le plus convaincu tente d’œuvrer pour le bien de ses classes.

- Et alors ?

- Alors, je vais m’appuyer sur les possibilités de la loi Fillon, dont trop de gens ignorent les possibilités. En combinant l’autonomie des établissements et l’assouplissement de la carte scolaire, on doit pouvoir, en douceur, modifier les attitudes… Et faire boule de neige : il suffit de quelques établissements bien inspirés pour faire tache d’huile.

- Ouais… Il suffit d’un réseau d’idéologues fous pour contaminer toute l’école.

Deux ans ont passé depuis cette conversation, et d’une certaine manière, le jacobin que j’étais a mis de l’eau dans son vin. Autant je reste convaincu qu’en matière de sécurité et de discipline, le ministère doit instituer des règles fortes (et la mission confiée tout récemment au recteur Philip a pour objet d’arriver à une plate-forme suffisante en la matière — SVP, interdisez l’usage des portables, qui sont de plus en plus des armes par destination), autant j’admets aujourd’hui qu’en matière de pédagogie, l’autonomie des établissements peut inciter les collègues, et les conseils d’établissements, à œuvrer pour le mieux. Et même pour le très bien.

Je n’en veux pour preuve que la prolifération des « sections internationales », ou, dans nombre de lycées, la création de Secondes « Sciences-humanités » qui offrent des cursus intéressants avec des horaires renforcés — et qui sont plébiscités par les parents.

Le hic, c’est que désormais, certains Bacs valent mieux que d’autres. J’évoquais dans ma Note précédente la baisse de valeur de cet examen bi-centenaire, qui n’est plus que le reflet caricatural, affligeant, dégénéré, de ce qu »il fut autrefois. Mais j’en parlais en moyenne. Dans les faits, il est évident que le Bac de tel ou tel établissement prestigieux, que l’abibac (bac franco-allemand), le bachibac (franco-espagnol), ou le futur esabac (franco-italien — l’accord a été tout récemment signé par Darcos), le bac « section européenne » ici, « option internationale » là, ou « langue orientale » ailleurs, ne jouent pas dans la même cour que le bac option foot ou pétanque. Et les élèves concernés, qui n’étaient que 45 000 en 2002, sont désormais près de 100 000, et près de 40% des lycées possèdent désormais une filière « européenne ». Sur 650 000 bacheliers, peu ou prou. Et les familles se battent, disait récemment Marie-Estelle Puech dans le Figaro, pour accéder à ces formations privilégiées. Sachant parfaitement que Monchéri et Moncœur vont trimer de 36 à 38 heures par semaine (par exemple au lycée international de Saint-Germain-en-Laye).

Bien sûr, les établissements qui proposent, pour l’instant, ces parcours nouveaux sont souvent des lycées prestigieux. Bien sûr, Henri IV, Louis-le-Grand ou Fermat s’assoient tranquillement sur les programmes officiels, et préparent dès la Seconde (voire dès la Sixième) leurs élèves à la vie exigeante des classes préparatoires. Bien sûr, les lycées « européens » ont des exigences sévères — une épreuve d’Histoire-Géo de quatre heures rédigée en langue étrangère, entre autres.

Mais quel immense avantage pour ces lycéens, au moment de s’inscrire dans l’une ou l’autre des formations supérieures qui recrutent sur dossier, et non sur la simple possession d’un diplôme globalement dévalué ! Inutile de réformer le Bac — ce serait le plus sûr moyen de mettre toute la France réactionnaire dans la rue, syndicats enseignants en tête : il suffit de réformer l’amont pour que l’aval vaille enfin, à nouveau, quelque chose.

Dans tel lycée à vocation « internationale », les parents inscrivent volontiers leurs chérubins en russe première langue en Sixième (on n’insistera jamais assez sur le scandale que fut la dissociation collège-lycée, dans les années 60-70…). En clair, un certain nombre de lycées, de plus en plus élevé, sont des « prépas à la prépa » — ou à n’importe quelle formation supérieure.

D’où les Secondes « Sciences-humanités » : ainsi le lycée Turgot à Paris, avec des horaires alourdis en latin et en maths (parce que le latin n’est une langue morte que pour ceux qui, comme Richard Descoings, voudraient tous nous mettre à l’école des cadavres), et des élèves qui choisissent délibérément la difficulté. Ou l’initiative de Fustel-de-Coulanges, à Strasbourg, qui délivre dès la Seconde une initiation à la Philosophie, meilleure garantie à une renaissance des sections littéraires, actuellement exsangues. À l’heure où l’industrie réclame à cor et à cris de vrais littéraires doués d’imagination pour épauler des techniciens qui restent parfois le nez dans leur guidon.
On voit aujourd’hui de plus en plus d’universités, (et de classes prépas, à Henri IV à Paris ou Thiers à Marseille) s’inventer des propédeutiques, sortes de Terminales-bis, pour remettre à niveau des bacheliers arrivant sans rien dans les poches. Orsay fut l’une des premières à instituer un tel système, qui, à dire vrai, sonne le glas des formations secondaires ordinaires. Il y a gros à parier que dans les années à venir, toutes les facs auront recours à des systèmes équivalents — sauf à se résigner à rester les poubelles du Supérieur. On voit dès lors tout l’intérêt que peuvent présenter des Secondaires exigeants — non pas à l’ancienne, comme l’insinuent automatiquement les crétins qui pensent que je ne regarde que dans le rétro, mais en regardant en avant — en avant toute.

Evidemment, il n’y a aucune raison pour en rester aux lycées. Les collèges bénéficient de la même autonomie — de la même capacité de faire revenir l’imagination au pouvoir. Ce serait sans doute le meilleur moyen de contourner l’horreur du collège unique, auquel aucun gouvernement ne s’attaquera de face (il est comme ça des vaches étiques, stériles, mais sacrées, auxquelles on n’ose toucher). Le meilleur moyen, en tout cas, de sauver les bons élèves, sacrifiés par les thuriféraires de la loi Jospin, et d’inciter les autres à les rejoindre, quelque part du côté de l’excellence. Et rien, sinon les lubies mortifères des derniers survivants du SGEN, n’oblige un collège ZEP à préférer l’option « tam-tam » à l’option « langues-o » ou « mathématiques sévères », comme aurait dit Lautréamont.

Jean-Paul Brighelli

>> http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2009/06/17/autonomie.html

Citation :
Je m'appelle Jean-Paul Brighelli. Je suis Professeur agrégé de Lettres et je viens de publier un livre :
La fabrique du crétin (Editeur Jean-Claude Gawsewitch)
Dans cet ouvrage, j'essaye d'analyser avec lucidité, cette école de la réussite devenue si souvent école de l'échec programmé. Dans ce blog, je veux donner des solutions pour une école de demain et démonter les dysfonctionnements de l'Education nationale.

Personne assez critiquée par les enseignants, du fait les propos tenus dans son livre (que je n'ai pas lu), mais dont ce billet me paraissait intéressant pour lancer un nouveau débat sur les lycées d'élite qui existent déjà.
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http://lecrc.canalblog.com/
 
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