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 Article - La consultation vue par les lycéens

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MessageSujet: Article - La consultation vue par les lycéens   Sam 6 Juin - 16:49

Les vidéos sont sur le site de Rue89 :

Citation :
Réforme du lycée : ce que les lycéens ont dit à Descoing
Par Jean-Baptiste François | Phosphore | 02/06/2009 | 15H14

Richard Descoings, le directeur de Sciences Po Paris, a remis ce mardi au gouvernement ses premières propositions sur la réforme du lycée avant un rapport final, en octobre. Quatre pistes de travail principales :

* l'amélioration de l'orientation,
* le renforcement de la voie technologique,
* le lifting des bacs généraux, afin de les rééquilibrer, sans supprimer le bac ES contrairement aux velléités de Xavier Darcos,
* les langues vivantes, qu'il voudrait doper.

Pour l'occasion, Richard Descoings a même fait un discours sur Youtube, pour faire un retour aux lycées qu'il a consultés dans la phase de consultation de sa mission. (Voir la vidéo)

Pour donner naissance à cette version de travail du rapport de la rentrée prochaine, Richard Descoings a visité 76 établissements, depuis que Nicolas Sarkozy l'a investi de son rôle, mi-janvier .

Il y a quelques semaines, le magazine Phosphore, dont Rue89 est partenaire, l'a suivi sur le terrain. Elitisme, sureffectifs, démocratie lycéenne et blocage des lycées : voici ce que les lycéens ont pu dire à Richard Descoings.

A la sonnerie de 9h, Richard Descoings prend place dans le théâtre du lycée Jeanne-Hachette de Beauvais, devant une assemblée de 80 personnes, composée essentiellement de professeurs et de lycéens.

Médiateur en charge de la réforme du lycée, il commence par cadrer le débat par une série de questions :

- "Comment on en est arrivé là ?
- Pensez-vous que des évolutions du lycée soient souhaitables ?
- Quels sont les points essentiels à modifier, ceux qui peuvent attendre et ceux qui marchent bien et qu'il faut conserver ? "

Des réponses par SMS pour les plus farouches

Petite trouvaille technologique : les timides qui n'osent pas prendre la parole peuvent le faire par SMS. Leurs interrogations s'affichent alors sur écran géant.

Mais au départ, ce sont surtout les paroles de professeurs qui s'enchaînent, jusqu'à ce qu'une main de lycéenne se lève pour demander le micro :

"Des classes de 35 élèves en seconde, alors que c'est là qu'on a besoin de plus d'accompagnement, notamment pour les élèves en difficulté, c'est pas normal. J'aimerais bien qu'on fasse des groupes de compétences comme en anglais."

L'élève fait référence à une expérimentation en langues à Jeanne Hachette, où chacun progresse dans des classes de 24 élèves maximum, en partant de son niveau de fin de troisième, avec la possibilité permanente de rejoindre le groupe du dessus dès les premiers progrès. Les effectifs, une revendication récurrente…

Une autre voix de lycéen s'élève :

"On nous pousse à aller en S parce que c'est soit disant l'élite, mais on nous pousse jamais à nous donner le niveau dans les matières qu'on aime."

Après maintes réclamations d'élèves, Philippe Adjutor, le proviseur, tombe des nues :

"On a l'impression que la parole circule dans l'établissement, parce que je suis en place depuis sept ans, et que les choses roulent plutôt bien.

Nous devrions plus souvent faire des réunions comme celle-là. Au CVL [Conseil de la vie lycéenne, ndlr] du lycée, les questions tournent surtout autour du cadre de vie. Mais je me rends compte qu'on ne traite pas vraiment de pédagogies, de méthodes de travail, d'orientation… "

Normal, analyse le pédagogue Philippe Merieu, à l'origine de la création des conseils de la vie lycéenne :

"Il y a d'une part une timidité des élèves à s'immiscer dans l'organisation de l'enseignement, et d'autre part une peur panique des professeurs de perdre la face si les élèves commencent à remettre en question leur façon de faire."

Beaucoup d'inquiétudes sur l'orientation

Même thérapie de groupe au lycée Louise Michel de Bobigny, mais cette fois en soirée, devant 200 personnes, dont des parents d'élèves. Principale préoccupation : les suppressions de postes d'enseignants. En tant que médiateur, Richard Descoings démine le terrain et martèle qu'il n'y aura pas un prof de moins l'an prochain. Un lycéen regrette :

"C'est quand même dommage d'être obligé de bloquer les lycées pour enfin être consultés."

Là encore, les lycéens ont des choses à dire. Parmi les critiques de la réforme, celle-ci trouve un large écho :

"Moi je suis en première S, et il y a un fossé énorme par rapport à ce qu'on nous demande en seconde. Mais on sera encore plus noyés pour rattraper le niveau exigé si la nouvelle seconde s'éparpille en modules différents à chaque semestre."

Beaucoup d'inquiétudes sur l'orientation, aussi, avec le sentiment que la réforme était pliée avant même d'avoir demandé le sentiment et les besoins des élèves. Côté ministère, incompréhension. Les organisations syndicales (UNL et FIDL), puis les élus lycéens (CNVL), s'étaient exprimés assez tôt auprès de Xavier Darcos sur l'avenir du lycée.

Pour François Dubet, sociologue de l'éducation, un des grands problèmes des ministres de l'Education à chaque fois qu'ils ont tenté une réforme a été de trouver des interlocuteurs lycéens :

"Ils négocient avec les syndicats dans lesquels les élèves ne se reconnaissent pas, quand ils n'ignorent pas leur existence. Voilà pourquoi il y a régulièrement des explosions.

A côté des élus extrêmement bien formés politiquement, il y a une base de lycéens qui ne sont pas naturellement portés sur les organisations représentatives. Ils veulent s'exprimer directement.

Cela pétera toujours, tant qu'il n'y aura pas de désir commun entre profs et élèves de créer des espaces communs de concertation."

"Il n'y a même pas de journal du lycée"

A Nice, autre décor, autres réalités. Devant la grille du lycée Apollinaire, trois lycéens. Juste avant que Richard Descoings n'arrive pour sa table ronde de consultation, petite question :

- "Savez-vous ce qu'il se passe là dans la salle de réunion là-bas ?
- Pas du tout !
- [Après explications : ] Ha bon, un débat sur la réforme du lycée ? Si si, ça nous intéresse, mais on n'était pas au courant."

A l'intérieur de la salle, seuls trois élus du CVL. Parmi eux, Florent Motey, terminale ES, y défend les intérêts des élèves, notamment en s'indignant de la suppression de dix postes d'enseignants en deux ans dans son lycée. Mais en dehors des adultes réunis dans la pièce, qui le saura ?

« Tout le monde ne se sent pas concerné au même degré. Beaucoup d'élèves ne veulent pas s'impliquer directement.

Mais nous ne disposons pas assez d'outils pour communiquer aux élèves ce que nous faisons. Il n'y a même pas de journal du lycée. Cette année, nous allons essayer de le mettre en place pour que l'information circule mieux. »

Jean-Marc Mion, en charge de la vie lycéenne dans l'académie de Nice assure pourtant que des moyens sont mis en oeuvre pour que les élèves s'investissent davantage :

"Cette année, pour la première fois, nous sommes au complet, avec 20 élus au conseil académique de la vie lycéenne.

Jusqu'ici, certaines circonscriptions de l'académie ne présentaient même pas de candidats. Le recteur tente de prendre en compte les contraintes de la scolarité : cette année, beaucoup d'échanges entre élus se font par visioconférence, pour éviter de longs trajets aux lycéens qui ont déjà un emploi du temps chargé."

Maigre solution. Pour susciter plus d'engagement, François Dubet propose une solution plus radicale :

« Les lycéens sont de plus en plus exigeants sur la qualité de l'enseignement. Mais ils ne veulent pas toujours participer à la décision. Il faudrait peut-être justement nous inspirer des Etats-Unis, où l'activité civique est obligatoire et partie intégrante de la formation et de la notation. »

"Notre proviseur veut vraiment tout contrôler"

A la rentrée dernière, 55% des lycéens ont participé aux élections des délégués des CVL, contre 48% en 2006. Des résultats qui pourraient encore s'améliorer, avec plus de temps pour organiser les campagnes, plus d'information, et plus de soutien des établissements pour encourager la mobilisation par les urnes.

Surtout, reste à prendre les élèves au sérieux une fois élus pour que le reste des lycéens se sentent réellement représentés.

Exemple d'une élue au CVL du lycée Hugues-Capet de Senlis :

"En début d'année, j'aurais dit sans hésitation que je croyais à la démocratie lycéenne.

Maintenant que j'ai été élue pour représenter mes camarades d'une part, et avoir un peu de pouvoir d'action d'autre part, et bien je me dis que la parole est trop rarement donnée aux élèves, et quand c'est le cas, elle est très limitée.

Notre nouvelle proviseure veut vraiment tout contrôler. Nous n'avons même pas pu négocier l'ouverture du portail secondaire du lycée une demie heure plus tôt pour arranger les élèves et raccourcir leur temps de trajet."

Résultat dans son lycée : constitution d'une pétition, mouvements de protestation avec des retards volontaires pour entrer en classe, sentiment d'injustice. "Cela aurait été plus simple et constructif que notre droit de parole ait été entendu."

Ce mois-ci, Richard Descoings doit transmettre des centaines d'initiatives et de propositions de lycéens à Xavier Darcos avant de rendre un rapport en octobre 2009. Espérons que le ministre saura s'en inspirer pour sa réforme, sans quoi il prendra le risque d'une jeunesse qui perd sa foi en la démocratie, et ce avant même d'être en âge de voter.

>> http://www.rue89.com/2009/06/02/reforme-du-lycee-ce-que-les-lyceens-ont-dit-a-descoing
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