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 Quand on touche à l'histoire...

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Rendre l'histoire facultative en 1ère ?
Bonne idée
7%
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Mauvaise idée
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Nspp
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MessageSujet: Quand on touche à l'histoire...   Ven 31 Oct - 2:35

Je profite de ce message du CVUH, qui décidément ne chôme pas en ce moment, pour lancer le débat sur l'enseignement de l'histoire que vous savez menacés. Se rajoute à cela l'idée que les parlementaires définissent le programme. On se souvient de Guy Moquet, de l'enseignement des bons côtés de la colonisation... maintenant la matière pourrait devenir facultative en 1ère :

Citation :
Réforme du lycée : l’histoire et la mémoire en option ?

Par le CVUH

Mis en ligne le 15 octobre 2008

Le Journal du dimanche du 5 octobre 2008 a annoncé une inquiétante nouvelle : dans la réforme prévue du lycée, et coordonnée par le Recteur Gaudemar, l’histoire-géographie disparaîtrait du tronc commun des programmes de Première et en Terminale. En sommes-nous aujourd’hui au stade de la simple rumeur ou de l’effet d’annonce quasi officiel ? Quelle que soit la réponse, cette idée est à prendre au sérieux, notamment dans le contexte général d’une particulière sensibilité de l’opinion publique aux questions d’enseignement, et face à cette multiplication d’usages publics de l’histoire qui saturent les débats sociaux et politiques. Que l’on songe seulement à la campagne électorale de Nicolas Sarkozy et à ses références quasi compulsives à l’histoire de France ; au futur musée d’histoire de France qui se profile aux Invalides ; aux différentes pratiques gouvernementales qui instrumentalisent le passé comme lecture de la lettre de Guy Môquet dans les lycées.

Peut-être serait-ce dans le contexte plus précis d’une modification en profondeur de la formation des enseignants que l’on pourrait chercher des clés d’analyse de cette annonce. Que l’on se souvienne...

Dans un premier temps, les IUFM sont déclarés supprimés. Dans un second temps s’ouvre une curieuse période où l’on voit des universités chargées à la hâte d’inventer des formations pour des concours qui ne sont pas encore définis. Dans un troisième temps, on « découvre » que la soi-disant disparition des IUFM (en fait intégrés dans les Universités) a masqué la disparition de stages de formation comme le rappelait Antoine Prost dans le « Libération des historiens ».

Instruits de cette expérience, nous savons donc que cette annonce est le prélude à des réformes de grande envergure. Pour l’instant nous dit-on, rien n’est encore décidé, mais la vigilance est de mise : les enseignant(e)s ne peuvent rester coi(te)s devant les pauvres ruses éventées de la communication. Que l’on ne s’y trompe pas. Il ne s’agit pas ici d’une réaction corporatiste de défense de la discipline comme si le statu quo ne posait aucun problème. Nous insérons d’abord notre protestation dans une critique d’ensemble des méthodes du Ministre : décisions à la hussarde, absence de réflexion sur les objectifs de l’éducation publique dans la réalité complexe de la société d’aujourd’hui, incohérence d’une « réforme » du lycée après celle de l’école en laissant de côté le maillon le plus sensible et le plus essentiel, le collège.

Certes, l’histoire n’est pas une explication naïve du présent. Mais l’acquisition d’une conscience historique participe de la mission essentielle de l’école, celle de la préparation à la responsabilité à assumer dans la société de demain. Installer les adolescents dans l’ignorance du passé et de ses enjeux, c’est enfreindre l’acquisition de capacités critiques et les condamner à terme à une sérieuse atrophie de leur conscience politique. En effet, si l’enseignement de l’histoire devient optionnel, on interdit à certains élèves tout accès à la connaissance d’une histoire toujours à découvrir et dont l’interprétation ne cesse d’être revisitée. L’appréhension du passé permet à tout individu d’être en capacité de se situer dans le présent, de devenir un acteur de l’avenir. Si on laisse s’installer les confusions, les brouillages entre passé et présent, alors les discours politiques pourront, sans contrôle, user et mésuser de l’histoire. Le passé sera mis au service des discours de vérité, et le débat démocratique qui repose sur la mobilisation d’outils critiques se verra réduit à de simples joutes d’opinions, en apparence contradictoires, en réalité stériles et purement consensuelles. L’histoire n’est pas simplement une discipline, elle aide à saisir les impasses dans lesquelles nous sommes plongées. Que l’on songe à la crise financière actuelle, comment la comprendre désormais sans remonter à la genèse du capitalisme ? Autre exemple, comment rendre intelligible une formule aussi chargée de sens telle que “la démocratie participative” sans l’inscrire dans le temps ? Devrons-nous nous contenter des déclarations de quelques candidat(e)s , en quête de notoriété ?

Quel que soit le stade de la réforme annoncée, et sans défendre forcément les filières traditionnelles, nous demandons donc que la question de la mémoire collective, celle du poids du passé et notamment des héritages du 20ème siècle sur les problèmes d’aujourd’hui figurent explicitement dans le cahier des charges de l’éducation de tous les adolescents français du 21è siècle.

Que voulons-nous pour nos enfants ? La question est large, et l’enjeu est très lourd car l’enseignement de l’histoire concerne autant les enseignants et les chercheurs, que l’ensemble des citoyens. Ne prêtons pas le flanc à la lancinante critique de n’être que des « lobbies disciplinaires », mais exprimons la volonté de faire exister et perdurer dans ce pays une intelligence collective.

Par le CVUH

>> http://cvuh.free.fr/spip.php?article204

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Morgan77
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MessageSujet: Re: Quand on touche à l'histoire...   Ven 31 Oct - 9:32

L' histoire, c' est une des bases de la citoyenneté ! pas touche ! plus on en a, mieux c' est.

C' est avec les erreures du passé qu' on contruit l' avenir !
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MessageSujet: Re: Quand on touche à l'histoire...   Mer 5 Nov - 21:11

Comme une sorte d'acharnement...

Citation :
Politique et histoire : Pierre Nora veut des précisions
NOUVELOBS.COM | 03.11.2008 | 16:07

L'historien, à qui Xavier Darcos avait demandé son sentiment sur "le débat récurrent" relatif au rôle du politique dans l'enseignement de l'histoire, s'interroge notamment sur la mémoire collective et sur l'enseignement.

L'historien Pierre Nora, auquel le ministre de l'Education avait demandé mercredi son "sentiment" sur "le débat récurrent" relatif au rôle du politique dans l'enseignement de l'histoire, a répondu, lundi 3 novembre, à Xavier Darcos en lui demandant des "éclaircissements nets" sur deux points.
Le premier point concerne la mémoire collective, la "frontière entre ce qui relève de la 'commémoration de notre histoire' et ce qui relève de l'expression libre de la recherche et de l'enseignement", selon la lettre adressée au ministre par Pierre Nora et transmise à l'AFP.
Le second est relatif à l'enseignement, à l'affirmation de Xavier Darcos selon laquelle il est "absolument nécessaire que la représentation nationale confirme, à échéance régulière, la confiance qu'elle accorde aux spécialistes chargés de la rédaction des programmes scolaires".

Contre les "vérités d'Etat"

Académicien, Pierre Nora est président de l'association "Liberté pour l'histoire" (qui défend notamment la liberté d'expression des historiens contre les interventions politiques) et c'est à ce titre que Xavier Darcos lui a écrit.
Concernant la mémoire, Pierre Nora se dit "entièrement d'accord (...) pour reconnaître le droit, et même le devoir de la collectivité nationale (...) de se prononcer sur 'les repères historiques qu'elle considère comme emblématiques de son identité'".
"Mais ces prérogatives, qui peuvent s'exprimer par des hommages, des célébrations, des résolutions, des vœux, parfois des réparations, doivent interdire la qualification par la loi de faits historiques érigés ainsi en vérités d'État dont la 'contestation' ou la 'banalisation' seraient passibles des tribunaux", ajoute-t-il.

"Equivoque"

A ne pas s'exprimer "plus clairement" sur cette "frontière" entre commémoration et liberté de la recherche, Xavier Darcos entretient "une équivoque par laquelle s'engouffrent les lois qui, au nom de la mémoire, contraignent l'histoire", poursuit Pierre Nora.
Sur le deuxième point, la "confiance" que la représentation nationale devrait accorder à échéance régulière aux spécialistes chargés des programmes scolaires, l'historien pose des questions au ministre : "Quelle échéance? Quel type de confirmation de quelle confiance? Quels spécialistes chargés de la rédaction des programmes scolaires, puisqu'ils sont nombreux et dépendent tous, en définitive, de votre autorité?". (avec AFP)

>> http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20081103.OBS9207/politique_et_histoire__pierre_nora_veut_des_precisions.html
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MessageSujet: Re: Quand on touche à l'histoire...   Mer 5 Nov - 21:16

c'est clair c'est vraiment n'importe quoi ! Un bon citoyen ne se construit pas sans l'Histoire !
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MessageSujet: Re: Quand on touche à l'histoire...   Jeu 6 Nov - 9:35

heu pardon, mais donc, concrètement, qu'en ressort-il de l'histoire dans cette réforme des lycées? (et de l'éco?)
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MessageSujet: Re: Quand on touche à l'histoire...   

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