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 Les radios libres en danger de mort

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Masculin Nombre de messages : 9064
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MessageSujet: Les radios libres en danger de mort   Sam 14 Juin - 21:21

Un sujet qui m'intéresse particulièrement, celui des radios libre. Voici un mail qui tire la sonnette d'alarme !

Citation :
Bonjour à tou-te-s
>
> L'appel à candidatures pour la radio numérique a été repoussé au 1er
> octobre prochain pour la première vague, cela nous donne plus de temps
> pour nous faire entendre. Vous trouverez en pièce jointe et ci-dessous
> un communiqué proposé par des radios associatives non commerciales et
> des soutiens dans d'autres médias à but non lucratif. Les signatures
> sont recueillies jusqu'à fin juin, le communiqué sera ensuite adressé à
> la presse et aux institutions - vous pouvez répondre sur
> radiosenlutte@free.fr pour vous y associer. Un site internet est
> opérationnel sur http://radiosenlutte.free.fr, pour que nous puissions y
> partager analyses, émissions, jingles sur le numérique, etc.. Il ne
> s'agit pas de se substituer au travail des syndicats ou de créer une
> nouvelle fédération, mais de contribuer par notre mobilisation à ce que
> la radio numérique terrestre prenne en considération les spécificités de
> nos antennes.
>
> Solidairement et radiophoniquement
> Radios en lutte
> radiosenlutte@free.fr
> ---
>
> Les radios libres au crible du numérique
>
>
> Il y a plus de 25 ans, le mouvement des radios libres faisait tomber le
> monopole d'Etat sur la radiodiffusion et ouvrait la bande FM aux
> multiples expressions sociales, culturelles, politiques et musicales -
> aujourd'hui, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel lance la radio
> numérique terrestre (RNT) dans des conditions qui mettent en péril les
> actrices et continuatrices de ce mouvement, les radios associatives non
> commerciales, dites de catégorie A. Le remplacement de la diffusion en
> FM par celle en numérique est présenté comme une évolution strictement
> technique, permettant de diffuser davantage de stations et d'associer au
> son des données supplémentaires (nom de l'émission et des invités,
> publicités, pochettes d'albums, météo...). Nous y voyons une mise en
> danger des radios associatives non commerciales, une volonté
> d'uniformisation du paysage radiophonique et la consécration d'une
> conception technocratique de l'audiovisuel. La « diversité » numérique
> s'annonce davantage comme la multiplication de programmes clonés que
> comme une ouverture aux alternatives, aux minorités et aux expérimentations.
>
> Une logique de colonisation / La confusion et la précipitation dans
> lesquelles se fait cette transition jouent en faveur des industriels,
> des antennes commerciales et des grands réseaux de radios : principaux
> bénéficiaires de la radio numérique, qui leur permettra d'accroître leur
> maillage du territoire, ils sont aussi les seuls à disposer des
> compétences techniques et des outils financiers qu'elle impose. Une
> consultation publique organisée en octobre 2006 par le CSA mentionne de
> manière explicite les inquiétudes des associatives, sans que l'appel à
> candidatures numériques de 2008 en tienne aucunement compte. Ce dernier
> a été lancé de manière abrupte, sans concertation et sans que la
> spécificité des radios de catégorie A soit prise en considération :
> prioritaires sur le premier appel mais pas sur les suivants, on les
> contraint à demander une fréquence numérique sans leur donner les moyens
> de l'exploiter. Elles qui n'ont pas d'intérêt particulier à passer au
> numérique, étant donné qu'elles diffusent en local et ne seront pas
> nécessairement en mesure ni désireuses de développer les fameuses «
> données associées », risquent tout simplement de se retrouver sans
> aucune fréquence lorsque la bande FM sera éteinte. L'État, les réseaux
> et les industriels organisent et vantent la ruée vers le numérique, mais
> dans le même temps les fréquences associatives non commerciales sont
> averties, comme aux débuts de la FM, que les places seront rares :
> l'éviction d'un certain nombre d'entre elles se prépare ainsi, à un
> moment où dans leur ensemble les médias du tiers secteur, c'est-à-dire
> associatifs et non commerciaux, sont précarisés plutôt que soutenus.
>
> Une logique de rentabilité / Les radios de catégorie A sont
> principalement subventionnées par le Fonds de Soutien à l'Expression
> Radiophonique (FSER), créé suite à la libération des ondes, et
> approvisionné par une taxe prélevée sur les revenus publicitaires de
> l’audiovisuel commercial et public. La fin de la publicité annoncée sur
> les médias de service public risque d'entraîner dès 2009 une baisse de
> 30 % des fonds du FSER, donc une coupe proportionnelle des subventions
> qu'il reverse aux antennes non commerciales. Le passage au numérique,
> censé se faire au même moment, représente un coût considérable pour les
> radios : investissement en matériel, formation à la nouvelle
> technologie, et double diffusion (sur la bande FM et sur la bande
> numérique) à assurer pendant plusieurs années. Or à ce jour, non
> seulement aucune compensation du FSER n'est décidée pour qu'il puisse
> maintenir ses subventions, mais aucun financement spécifique n'est
> effectif pour le passage au numérique – et ce dans un contexte de baisse
> généralisée des aides publiques, qui affecte l'ensemble du secteur
> associatif. Lors de la consultation publique du CSA, proposition a été
> faite d'adopter le must-carry : en vigueur notamment aux Etats-Unis, il
> oblige les diffuseurs à héberger gratuitement les antennes locales sans
> but lucratif - la suggestion n'a pas été retenue. La réalité des radios
> sans publicité ni profit est tout simplement ignorée dans ce passage au
> numérique - il en va d'elles comme, par exemple, des minimas sociaux, de
> certaines prises en charge médicales, ou de la recherche fondamentale :
> ce qui n'est pas rentable pourrait aussi bien disparaître.
>
> Une logique de contrainte / Actuellement, chaque radio choisit son
> diffuseur ou bien s'auto-diffuse, et émet ainsi sur la fréquence qui lui
> a été attribuée par le CSA. Avec le passage au numérique, les radios
> devront nécessairement passer par un nouveau prestataire technique
> appelé « multiplexeur », chargé de coordonner la diffusion de neuf
> programmes sur une même fréquence. Le multiplexage signe donc la fin de
> l'autodiffusion, et inaugure une double obligation : celle de transiter
> par un prestataire, et celle de se pacser avec huit autres radios pour
> être diffusées. Les tarifs des multiplexeurs seront fonction de la
> qualité d’écoute et de la nature des « données associées » - il existe
> donc un risque certain que ces prestataires privés jouent un rôle dans
> l’attribution des places des radios (ce qui était en FM du ressort du
> seul CSA).
>
> Une logique de verrouillage / Une norme unique de diffusion, nommée
> T-DMB (Terrestrial Digital Multimedia Broadcasting), a été imposée : il
> ne s'agit pas d'une norme audio mais vidéo, dont les tests en radio
> n'ont pas été convaincants. Elle a été conçue par des industriels sud-coréens pour la
> Télévision Numérique Coréenne. En 5 ans, seuls 20% de la population du
> pays se sont équipés. Étonnamment, la France est le seul pays en Europe
> à avoir choisi cette norme, nos voisins européens ayant opté pour le DAB
> ou le DRM (norme non propriétaire). Ce choix a été poussé par les
> antennes commerciales et les réseaux de radios, qui voient dans les «
> données associées » l'opportunité d'un nouveau support publicitaire et
> spectaculaire. Comme précédemment en matière de logiciels ou d'échanges
> de données, le numérique est employé pour verrouiller des accès alors
> qu'il aurait été l'occasion d'une plus grande ouverture.
>
> Une logique de consommation / Les récepteurs numériques coûtent
> actuellement 6 fois plus cher qu'un transistor classique - leur prix va
> certainement baisser au fil des années, il n'en reste pas moins que de
> nombreuses personnes n'auront ni les moyens financiers ni l'aisance
> technique pour accéder à cette technologie. Un certain nombre de radios
> restées libres ont fait le choix, social, politique, culturel, de donner
> la parole à ceux qui ne l'ont pas : les quartiers populaires, les
> non-professionnel-le-s, les non-spécialistes, les communautés immigrées,
> le mouvement social, les actrices et acteurs des luttes, les initiatives
> culturelles non commerciales... Alors que l'accès à internet reste
> encore très inégal, la radio numérique risque fort d'accroître le fossé
> en terme d'accès à l'expression, à l'information et aux nouvelles
> technologies. La radio, qui est en FM un média simple d'accès et
> quasiment gratuit, deviendrait un outil technologique discriminant.
>
> Mais nous sommes illogiques, et nous durerons longtemps / Que les radios
> de catégorie A souhaitent ou non répondre à l'appel à candidatures sur
> la RNT, elles sont de toutes façons piégées puisqu'elles n'ont en l'état
> aucun moyen d'émettre en numérique. Par conséquent, nous demandons : que
> la bande FM soit maintenue sur le long terme ; que le passage au
> numérique n'occasionne aucune suppression de radio associative non
> commerciale ; que soit réservée sur la bande numérique une part pour les
> radios de catégorie A au moins égale à celle de la bande FM ; qu'une
> procédure de déclaration d'intérêt soit mise en place immédiatement pour
> les radios de catégorie A émettant actuellement en bande FM, leur
> garantissant une priorité sur l'ensemble des appels à candidatures (et
> non seulement le premier), qu'elles puissent effectuer la transition
> vers le numérique quand elles le souhaiteront ; un doublement de
> l'approvisionnement du FSER, ainsi que la création d'un FSER-bis pour la
> RNT qui comprendra une subvention quinquennale d’équipement et une,
> annuelle, de fonctionnement.
>
> Si vous souhaitez vous associer à cet appel, contactez-nous :
> radiosenlutte@free.fr - et si vous souahitez davantage de
> renseignements, appelez-nous : 01 40 05 06 01 (Fréquence Paris
> Plurielle) ou 04 78 29 26 00 (Radio Canut)
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http://lecrc.canalblog.com/
 
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